Je suis une pétasse. De celles que vous ne pouvez supporter; de la pire espèce, une pétasse du XVIe, mieux habillée que la maîtresse de votre patron.En digne héritière de générations de femmes du monde, je passe plus de temps à me laquer les ongles, à me dorer la pilule au Comptoir du soleil, à rester le cul sur un fauteuil et la tête dans les mains d'Alexandre Zouari, à lécher les vitrines de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, que vous à travailler pour subvenir à vos petits besoins. Je suis un pur produit de la Think Pink generation, mon credo : sois belle et consomme. Je suis française et parisienne et je n'en ai que faire, je n'appartiens qu'à une seule communauté, la très cosmopolite et très controversée Gucci Prada tribe; le monogramme est mon emblème. Je suis un peu caricaturale. Avouez que vous me prenez pour une sacrée conne en total look Gucci, sourire bleeching et cils papillonnants. Vous avez tort de me sous-estimer, ce sont des armes redoutables, c'est grâce à elles que je dénicherai plus tard un mari au moins aussi riche que papa.Et oui, Paris ouest, nous sommes tous beaux, nous sommes tous riches. Riches, vous me croyez sans peine, beaux, je vous sens plus dubitatifs. Réfléchissez : les familles ont abouti en général à la progéniture parfaite, puisque dotée du physique de maman et du compte en banque de papa.Vous savez, le monde est divisé en deux, il y a vous et puis il y a nous.
Désillusionnée avant l'âge, je dégueule sur la facticité des sentiments. Ce qu'on nomme l'amour n'est que l'alibi rassurant de l'union d'un pervers et d'une pute, que le voile rose qui couvre la face effrayante de l'inéluctable Solitude.
Je ne me suis pas encore présentée. Mes parents m'ont appelée Ella, et j'ai toujours haï ce prénom de petit fille sage et adulée que je ne suis pas. Pour mes amis j'étais Elle, mais ça ne me plaisait pas plus, m'appeler comme la fille qui passe dans la rue, ou un magazine féminin ou un super-top model, ou celle qui a fait la bêtise. Alors je me suis rebaptisée pour moi seule, et pour ceux qui comprendront. Je m'appelle Hell ; je suis prédestinée.
H e l l , L o l i t a P i l l .
En réponse à vos commentaires..
Ai-je prétendu une seule seconde faire partie de ce 0,01% de la population ? Il ne me semble pas, et d'ailleurs, je ne vois absolument pas comment j'aurais put penser une chose pareille.
De plus, ce ne sont pas ces gens qui, souffrent et vivent un vrai enfer (d'où le très juste titre du livre, d'ailleurs et ce avec quoi je suis entièrement d'accord) blindés de thune au point de tomber dans la déchéance (en effet, c'est assez peu réjouissant) que j'admire, mais le livre en lui même. Le regard tellement juste qu'il porte sur ces gens, et son écriture, évidemment. Car faut-t-il forcément qu'un livre traîte d'un sujet joyeux pour que l'on puisse l'aimer ?
Peut-être que ce texte n'est pas juste, en fait, c'est vrai, je n'en sais rien et je ne connais pas ce milieu, je ne connais pas ces gens. J'ai juste beaucoup apprécié le lire le relire, encore et encore (par "délice" j'entend donc "délice à lire"... )et beaucoup apprécié le cynisme avec lequel il était écrit. C'est tout. Après, si je ne "comprend rien" et bien mon msn n'a pas changé.
Je n'ai jamais dit que ce livre était de la "très haut'e culture", si ? Ensuite, que tu le croives ou non (et après tout, je m'en fous..) les mots que j'utilise sont les miens et si j' utilise ceux-là précisément c'est justement parce que c'est ceux là qui sont appropriés que ça fasse "profonde et culitvée"... ou pas, d'ailleurs. Et tu me connaissais peut-être, mais peux-tu encore dire que tu me connais suffisemment pour savoir quel "genre" de fille je suis ? Et pour ton info, je ne lis pas que ce genre de littérature et j'ai déja lu du Proust.
Sur ceux, tu peux toujours me répliquer ce que tu veux,moi je m'arrête là, je pense que c'est un débat assez inutile étant donné que je ne changerais pas mes opinions... et toi non plus je pense.